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     Ces dernières années, j’ai fait des tas de rencontres sur papier. Tantôt des femmes, tantôt des hommes. Je procède par attirance, d’abord le nom : c’est le nom qui à mes yeux a de l’importance.

 J’aime savoir qui je lis. Je n’apprécie pas les imposteurs. 

    Je ne tiens pas à les étouffer donc je leur laisse du temps, pour qu’ils se présentent en quelques lignes. La quatrième de couverture dévoilera le fond de leur pensée. Je ne me fierai pas aux apparences, je ne succomberai pas par une couverture aguichante. C’est l’intérieur qui m’importe. Je ne me démotiverai pas à voir le nombre de pages. À la première quinzaine, j'accosterai délicatement l'auteur et dès les vingtièmes, accoutumée, je me bousculerai et dévorerai les lignes jusqu’à la fin. J’ai considérablement augmenté mes accointances « tout format » en peu de temps.

    Actuellement je produis un roman, c’est comme cela que je le ressens. Il faut que je sois productive. Le désir est fort et bien présent cependant c’est la façon de le mettre en vie qui m’importe le plus.  

Au moment où je vous parle j’ai déjà travaillé dessus pendant une bonne heure et demie.

    Dès que j’ai annoncé que je me lançais dans l’écriture d’un roman, j’ai entendu autour de moi des tas de choses : moi aussi j’écrirai un roman quand je prendrai ma retraite - J’ai commencé l’écriture d’un roman mais je ne l’ai pas complètement fini, maintenant il se trouve rangé au fond de mon tiroir, je le reprendrai sûrement un jour – Je préfère la poésie à la prose - Il faut faire des études pour ça, un master de création littéraire, non ? - Ma femme n’a pas supporté, elle me trouvait trop « dans ma bulle », il parait que je ne parlais que de ça, j’ai abandonné- Je pourrais facilement écrire un roman cependant ça me prendra trop de temps et les livres d’auteurs inconnus ne se vendent pas - Alors là ! Avec tout ce que j’ai vécu, je pourrais facilement écrire plusieurs romans – Tu devrais plutôt te lancer dans l’écriture d’une nouvelle avant de prétendre écrire un roman - Mais alors, ça avance quand même ton roman ?

Alors ton roman, ça avance ? Jour après jour on me pose et on me répète la même question. Alors ton roman ça marche ? Derrière ces cinq mots j’entends : Va-t-elle vraiment l’écrire – Va-t-elle y arriver – L’écrit-elle vraiment ?

- Tout va bien merci, ça avance.

    Un beau jour une connaissance très motivée me remit un paquet : j’ai quelque chose pour toi, qui t’aidera pour écrire un VRAI roman. J’ai apprécié le geste, c’est toujours agréable qu’on pense à vous et ça devient tellement rare. Pourtant j’entendais dans sa voix : je t’offre ce livre que j’aurais mieux fait de garder pour moi.

J’ouvris le paquet, c’était un livre de Bruno Tessarech « L’atelier d’écriture » Leçons à un futur écrivain. Je connaissais déjà Bruno Tessarech à travers ses vidéos en atelier d’écriture et je les avais déjà visionnées en boucle.

En voulant bien faire, je dirais en voulant trop bien faire avant ce cadeau, j’avais déjà fait des recherches sur internet en tapant ECRIRE UN ROMAN et découvert des tas de livres : Comment écrire un roman ? – Ecrire un roman et se faire publier – J’écris mon premier roman – Comment écrire SON premier roman – Super manuel pour devenir un écrivain génial – Comment écrire un roman policier – Mes secrets d’écrivain – Ecrire un roman et se faire publier - Ecrire un roman en un mois – Ecrire un roman en 30 jours – Comment écrire un roman en 90 jours – J’écris un roman – Ecrire un roman sentimental et se faire publier – Comment ne pas écrire un roman – Mon dieu quel malheur, mon dieu quel malheur d’écrire un roman érotique – Devenir écrivain simplement en e-book.

Pour compléter mes recherches, je découvris des tas de sites et blogs proposant de l’aide pour l’écriture d’un roman, payants ou gratuits :

Dix astuces pour vous aider à écrire un roman - Comment écrire un roman en trois jours – Comment écrire un roman en quinze étapes avec (des photos) – Comment commencer à écrire un livre en vingt-quatre étapes – Ecrire un roman de Fantasy – quatre-vingt-dix -sept conseils pour écrire un roman d’amour.

Après avoir passé plus d’une heure devant un écran en enregistrant des références et imaginant la recette miracle pour écrire un BON roman, je n’ai qu’une envie c’est celle de saisir mon ordinateur et de le faire couler au fond du bocal du poisson rouge, Hector, qui se trouve face à moi. À présent l’ordinateur se trouve sous l’eau et toutes les pages du livre de Tessarech sont mouillées ... Enfin ce n'est qu'une image qui me permettra de rebondir. On coule, on se remet à flot, on coule on se remet à flot …

Je sècherai les touches de mon clavier bleu, rangerai le livre sur la plus haute étagère et me remettrai à écrire en gardant mes maladresses, mon imaginaire et contacterai mes lecteurs attitrés. C’est bien ça le but ultime d’un écrivain, non, celui d’être lu et critiqué ?

« L’image de récupérer la bonne clef au fond du bocal et de remonter à la surface pour réapprendre à nager m’apaise »

     Afin de parfaire cet apaisement, je décide de préparer un dessert brésilien, un « pudding noix de coco ». Auparavant j’aurais cuisiné accompagnée d’un fond de musique latine en remuant mes hanches mais j’ai aussi troqué la musique latine par les vidéos de Bernard Werber l’écrivain. 

    Impossible de décrocher de l’écriture même en cuisinant ; malgré ma distance prise avec les livres conseils et les sites racoleurs, je succomberai toujours à une vidéo de Bernard Werber. L’écrivain du livre à succès « Les fourmis », traduit dans une trentaine de langues, qui mélange avec goût la philosophie et la fiction.   

Tout en continuant à battre les ingrédients, j’absorbe ses conseils qui abordent, en premier lieu, les sept points essentiels pour écrire un livre :

1- L’envie d’écrire  2- l’histoire  3 – la structure –  4- Le suspense – 5 – Les personnages –  6 – La chute – 7- la vie du livre (la publication et le suivi du livre)

    Maintenant je m’apprête à verser les ingrédients liquides dans un moule, le plat est prêt à cuire, je vérifie la température du four quand je me laisse happer par la voix de Bernard, en quelques secondes le moule sera enfourné, je rapprocherai la tablette et j’augmenterai le volume.

L’écriture avant tout est un plaisir, un mode d’expression. On a une pression intérieure on la fait sortir. L’avantage d’écrire un roman, quel qu’il soit, c’est qu’on évite vingt-cinq ans de psychanalyse si c’est bien fait. Il faut aller chercher ce qui est en soi, la petite étincelle intérieure appelée aussi l’inconscient ou le diamant d’or, ce qui n’est pas le moi social. En fait vous pouvez vivre pendant toute votre existence juste en faisant plaisir aux autres. C’est-à-dire : quand vous êtes enfant vous faites plaisir à vos parents, ensuite à l’école à vos professeurs, quand vous vous mettez en couple vous faites plaisir à votre conjoint, au travail vous faites plaisir à votre patron et vos collègues, et quand vous devenez parents vous faites plaisir à vos enfants et la boucle est bouclée. A quel moment vous êtes-vous exprimé ? A quel moment vous vous êtes-vous fait plaisir ? Une des manières de faire le point est peut-être celle d’écrire un livre de façon biographique ou romancée. ECRIRE UN ROMAN EST UN MOYEN D’EXPRIMER CE QU’ON EST A LA FACE DU MONDE. Propos recueillis d’une Vidéo de Bernard Werber, Atelier d’écriture.

J’ai subitement une drôle de sensation tout le long du corps et les pensées de Bernard résonnent dans mon fort intérieur. Je suis comme sous hypnose; puis quand j’entends la voix de Ray Charles me chanter à l’oreille, c’est bien la sonnerie de mon téléphone.

J’aperçois la photo de Monique sur l’écran de mon mobile, photo que j’ai prise en Belgique lorsque que je l’ai accompagnée pour qu’on lui remette un prix pour ses fabuleux Haïkus.

- Salut Monique !

- Tout va bien ?

- Oui, ma belle, et toi ?

- MONIQUE, tu savais qu’on peut passer toute sa vie à ne faire plaisir qu’aux autres.

Et me voilà transformée en une adepte de Bernard Werber.

- Je l’ai toujours su mais quand même, t’imagines qu’il y a des tas de gens qui passent à côté de leur vie, c’est DINGUE ça !

Enfant tu fais plaisir à tes parents ensuite à tes profs ensuite à ton boss ensuite à ton conjoint et c’est reparti pour un tour quand tu deviens parent, tu ne penses qu’à tes enfants et voilà c’est fini, MINCE ALORS, il faut aussi penser à soi et à ses DESIRS.

-       C’est sûr, tu as raison cependant parfois on n’a pas trop le choix.

Derrière les paroles posées de Monique j’entends du vécu.

Par pudeur je détourne le sujet pour revenir à notre sujet principal, l’écriture. Tu as bien écrit ce matin ?

- Oui, super ! mon personnage évolue vite, je lui fais faire des tas de choses !

-  Rien qu'à entendre la joie que procure à Monique l'écriture de ce roman, je me dis que c’est gagné ! Elle l’écrit avec plaisir et elle est dans le bonheur malgré les heures passées seule derrière l’écran.

-       Et toi ?

-       Oui j’ai bien écrit ce matin et maintenant je cuisine avec Bernard !

-       Avec qui ?

-       Je prépare un dessert brésilien avec Bernard Werber, l’écrivain, il m’aide à mélanger les ingrédients, il est doué pour les mélanges de genres.

-       Madame ne se refuse rien.

-       Oui on peut dire ça comme ça, je ne refuse pas de découvrir de nouvelles pistes pour écrire un premier roman. D’ailleurs je t’enverrai sur ta boîte électronique le lien de la vidéo.

-       Dis-moi, ton chef cuisinier Werber c’est bien celui qui a écrit « Les fourmis » ?

-       Oui, c’est bien lui ! C’était vraiment bien hier la journée du marathon des mots.

- Très bien. Cependant c’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas eu plus d’écrivains de la région, c’est quand même le meilleur moment pour se faire connaître.

- Tu y seras Monique avec ton premier roman ! Il faut bien y croire Monique !

- Oui ma Nathalie. Enfin en attendant d’être invitée comme écrivain au prochain marathon des mots, j’ai commencé à lire le livre « Délogé l’animal » de Véronique Ovaldé. Quel titre ! Quelle belle écriture ! Je ne la connaissais pas, tu as bien fait de me proposer d’assister à sa lecture. Qu'elle élégance, quelle simplicité, quelle générosité avec ses lecteurs !

- C’est vrai, ça fait du bien de voir et d’entendre une romancière lumineuse. J’ai adoré qu’elle n’ait pas ce côté sombre que peuvent parfois avoir certains écrivains.

- Monique tu dois absolument lire son livre « Ce que je sais de Véra Candida », l’histoire se déroule en Amérique de sud, enfin tu as bien entendu ce qu’elle a dit quand je lui ai posé la question : si ça se passait bien en Amérique du sud : "j’ai inventé le nom des lieux, vous n’en trouverez aucun sur une carte." Je trouve ça fabuleux, te connaissant bien tu vas adorer suivre l’histoire de ces trois lignées de femmes.  ME ENCANTO !

-       Claro que si mi querida Nathalie lo voy a leer.

-       Je n’oublierai jamais ce roman, il restera toujours dans un coin de ma tête. Rien q'à t’en parler j’ai envie de le relire là maintenant.

-       Attention Nathalie, tu as un livre à écrire.

-       Ne t’inquiète, je ne me disperse pas, j’écris, j’écris bien le mien, tout en terminant la lecture de celui de Christine Angot, « L’inceste », ton livre préféré ma Monique !

-       Nat, tu n’aurais pas oublié ton dessert dans le four ?

-       Oh ! NON mince ! je te rappelle.

-       Besos.

-       Chao belleza !

 

    Sans m’en rendre compte, en parlant au téléphone, j’avais quitté la cuisine et je m'étais confortablement assise à la table de la salle à manger, j'avais même même pris le temps de remettre mes lunettes de vue et mon ordinateur se trouve grand ouvert devant moi, cependant Bernard Werber s’est évaporé et à la place mon fichier word s’est ouvert sur la page de mon roman en écriture, « De miel et de Saké ».

                J’accoure à la cuisine, le four est bien allumé et une odeur de noix de coco brûlée est répandue dans toute la cuisine. Mon pudding est marron foncé, enfin très foncé. m'étonne pas de ma longue conversation téléphonique avec Monique, nous n'avons que parlé pendant quarante-six minutes, notre record étant de deux heures et quart en échangeant les lectures de nos romans respectifs. Toutefois je me dis qu’il faut que je sois plus vigilante quand je cuisine.

Je décide de ne pas rester sur un échec et de refaire la même recette tant attendue par mon fils. Voilà ! Le dessert prêt, je le laisserai refroidir un peu avant de le mettre dans le réfrigérateur. Je vérifie l’heure, j’ai encore du temps avant de le récupèrer à l’école.

NM.

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