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Nathalie Maranelli m'a fait l'amitié de me demander de lui écrire une préface. Comment refuser ? Et surtout, pourquoi refuser ?

C'est un exercice que je ne goûte pas, certes. Cela ne sert, le plus souvent à rien. Mais Nathalie - que je nomme depuis maintenant en privée "Queridinha" - n'est pas comme les autres. En une anecdote, voilà pourquoi.

Après une après-midi de signatures au salon du livre de Paris, je quitte la porte de Versailles. Dans le tumulte des voyageurs pressés, on crie mon nom. Je me retourne. Une métisse était là., qui tremblait comme une feuille. En quelques mots, elle décharge sa mitraillette. Le Brésil, l'amour de l'écriture, la passion de la littérature, Jorge Amado, "Les Capitaines sables", sa grand-mère plus que centenaire, Belem. Je suis écrivain. Elle a besoin de moi. Je vais l'aider.

Je n'ai rien fait. Ou presque. Juste quelques lettres d'encouragements, au hasard de mes voyages. Cent autres avaient lâché leur passion. Cent autres n'était même pas parvenus au terme de leur voyage.

Pas "Queridinha". Son premier roman était un essai. 

J'entends : un essai de roman. Celui-là, De miel et de saké, est une confirmation. Il donne à voir. Il est dans l'émotion, l'immédiateté. Dans la feuille qui tremble et la rafale de mitraillette.

De plus, il aborde un sujet qui me touche en premier chef. L'Amazonie. Le poumon vert d'une planète qui étouffe. Le berceau d'une civilisation massacrée consciencieusement par les colons. L'Amazonie, qui est en état d'urgence absolue et que l'on feint de ne pas voir. L'Amazonie que l'on fantasme volontiers, qui fascine, dont on ne sait rien. Ou si peu de choses. Et qui devrait être la priorité absolue de tous les gouvernements soucieux de l'avenir et non pas d'une immédiateté électorale. 

"Queridinha", je suis fier de toi.

Jean-Paul Delfino

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