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                               Hier, j’ai fait la connaissance du Japon. Dès que je suis rentrée dans la salle, je l’ai aperçu sur ma droite, d’abord de profil, son chapeau noir si raffiné relevait d’autant plus la blancheur de sa peau, le mont Fuji était bien là, à quelques mètres d’où je me trouvais.

Tout le long de la cérémonie, moi Rouge Brésil ai dû faire des efforts colossaux pour oublier que le Japon se trouvait si proche. 

Sur scène, j’apercevais l’acteur de Nô aux yeux bleus, c’était le père du Japon, je me sentie honorée d’être là. Sa voix traversa ma peau bronzée comme un éclair. Ses vibratos larges et irréguliers et la hauteur de sa note me tinrent en haleine jusqu’à la fin du chant. Les battements de mon cœur brésilien se réveillaient enfin. Bossa Nova et Nô venaient de se rencontrer. Je fus surprise par cette éruption de sentiments soudaine qui m’envahissaient cependant je fis rapidement le lien entre mon père et le sien, l’âge, les voyages, l’expatriation.

Je me permettais d’imaginer de quelle manière pouvait retentir ce chant dans le cœur du Japon, je me laissais guider par des mots comme : souvenirs, fierté, mélancolie, apesanteur, rires, pleurs, rage et amour…

Le chant Nô terminé, j’aurais aimé aller vers lui et le remercier à ma façon, chanter à mon tour quelques vers en brésilien. Lui serait vêtu d’un kimono satiné dans les tons de doré et de bleu, qui ferait ressortir avec fougue le bleu azur de ses yeux. Moi, Rouge Brésil, je choisirais un des tons de rouge du dernier arc en ciel qui s’est posé sur le Christ de la baie de Rio de Janeiro après une pluie tropicale, et avec, j’en confectionnerais ma tenue de scène. J’intégrerais une de ces écoles de samba prestigieuses pour l’élaboration de ce costume sur mesure. Il me faudrait une année de dur labeur pour enfiler une à une les paillettes rouges. Le jour venu, chant Nô et Bossa Nova navigueraient entre deux atmosphères. 

Il a fallu que mon amie de voyage et d’écriture me donne une tape sur l’épaule pour que je sorte de ce rêve éveillé. Heureusement, une partie de mon rêve était bien réel, le chanteur de Nô existait bien et Noir Japon se trouvait bien dans la salle. J’avais été invité par une femme de lettres, une poétesse divine, nos chemins se sont un jour croisés dans un train et depuis nous partagions des moments d’exception. 

 À peine éveillée, le premier lauréat était demandé sur scène, il s’agissait bien de la poétesse divine. C’est avec joie que je me levais aussi et l’accompagnais jusqu’au bas de la scène, elle y monta avec l’élégance qui la caractérise. Je me fis discrète et restai au bas de l’estrade pour immortaliser aux mieux avec mon appareil photo ces instants. Le Haïku de la poétesse divine avait fait son effet devant les membres jury.

 C’est avec beaucoup d’émotion que je regardai ce moment si attendu. Le Japon, avec respect et délicatesse, lui remit le prix. D’où je me trouvais, j’aperçus une étincelle blanche entre le regard du Japon et de la poétesse divine. Une complicité venait de naître et les lierait jusqu’à la fin de la cérémonie.

Moi Rouge Brésil, arrière-petite fille d’un chef de tribu amazonienne, allais devoir faire honneur à mes ancêtres en me présentant au Japon, comme l’exige la coutume. Mes traits de peinture rouge et blanche ornaient mon visage, ma coiffe à plumes, elle aussi rouge et blanche, se trouvait bien positionnée sur ma tête d’Amazonienne apeurée. 

Noir Japon et rouge Brésil allaient enfin faire connaissance. Pour cette occasion, je décidai de ne prendre ni arc ni flèches. 

J’avais hésité à lui ramener un présent, quelques fruits comme des goyaves : les goyaviers peuplent encore par chance la jungle de mon arrière-grand-père.

 Offrir une corbeille de ce fruit aurait été idéale, comme l’aurait fait mon arrière-grand père lors de ses déplacements d’une tribu à l’autre. Je les aurais fait mûrir un peu plus que la coutume tribale pour qu’ils soient au goût du Japon.

Mon appareil photo comprit par lui-même quels étaient les sujets à photographier. Il se délecta à chaque prise et devenait de plus en plus rapide et précis. Le Japon et la Divinité ne faisait qu’un.

Pour ma part, je devenais de plus en plus petite, le thé vert bu et partager avec la poétesse divine avant la remise de prix ne m’aidait pas, mon cœur palpitait à toute vitesse. L’effet du thé vert m’énervait, m’incommodait. J’aurais mieux fait de mâcher des graines de guarana, qui m’auraient stimulé autrement.

J’aurais voulu appeler le chef de tribu qui porterait sur son dos arc et flèches, pour qu’il vienne me chercher au plus vite et disparaître dans la jungle. J’étais à la recherche d’un hamac pour m’allonger un instant et stabiliser mon rythme cardiaque avant d’avoir devant moi le Japon. Je regarderai le ciel, attraperai avec mon pouce et index les nuages et j’y inscrirai : la peur heureuse. 

Je me sentis pendant quelques minutes isolée de ce monde où les lettres se formaient en mots, devenaient des phrases courtes et se réincarnaient en haïkus. La réincarnation réussie était aujourd’hui célébrée en Belgique en présence du Japon et de la poétesse divine. Rouge Brésil y trouverait-elle sa place ?

J’observais, perchée sur mon arbre fruitier la poétesse rayonnante auprès du Japon fleuri. La remise de prix achevée, photographes et journalistes belges continuaient à les acclamer ; mon cœur m’interpella pour me dire que le bonheur n’était jamais si loin. 

La scène festive m’attendait, courageuse et Amazonienne que je suis, n’osais toujours pas escalader la première montagne afin d’atteindre le sommet : reptiles de toutes sortes et plantes vénéneuses se trouvaient devant moi ; il me fallait mettre à tout prix en pratique les enseignements de mon arrière-grand-père pour affronter mes peurs et gravir la montagne.

 Il disait :

- Transforme les images négatives en un énorme soleil rond et lumineux et tu trouveras le bon chemin. 

J’appliquais à la lettre sa leçon, reptiles et plantes vénéneuses disparurent englouties par le soleil ; deuxième enseignement, sois attentive aux signes du quotidien.

Le signe du quotidien, je l’avais devant moi, un Soleil vêtu d’un jeans clair gravé de fleurs aux couleurs du Brésil et d’un délicat haut vert pomme, le tout embelli par un châle de couleur cerise. Le Soleil me montra tout naturellement le chemin, mon corps réchauffé se trouvait finalement sur scène. Moi Rouge Brésil, je me sentais réconfortée. La longue chevelure ondulée du Soleil brillait, j’en était sûre, c’était bien la sœur du Japon. Je m’y connais en sœurs, d’ailleurs nous commençâmes notre conversation en parlant de nos sœurs respectives. Rapidement, l’une et l’autre nous nous confiâmes des sentiments que nous leurs portions. Le Soleil transperça le cœur du Brésil. Je la trouvais éclairé. La couleur rouge vint rapidement dans la conversation, nous échangeâmes des avis culinaires et l’importance des choix de couleurs dans un plat et définitivement le rouge attirait l’œil avant toute autre couleur, me dit-elle. J’étais ravie de cet échange, elle aussi écrit au soleil des livres culinaires et des livres pour enfants. Une osmose se formait autour du Soleil et de Rouge Brésil, nous nous complimentâmes au sujet de nos tenues respectives et continuâmes notre conversation sur des passages de la vie parfois brumeux, suivis de belles éclaircies. Il me semble que nous aurions pu échanger jusqu’au prochain soleil levant. La poétesse divine immortalisa cet instant solaire par un clic. 

Une douce brise parfumée frôla et surprit mon visage, le Japon se trouvait bien devant moi. La pièce était envahie de cerisiers japonais, le printemps venait d’arriver. Je devins gauche dès que je la sentis proche. Comment fallait-il que j’exprime ma joie de pouvoir la rencontrer dans de telles conditions, en petit comité et sur une de ses terres ? Une danse folklorique de la forêt amazonienne aurait bien expliqué mon état, surexcitée intérieurement. Ne pouvant pas danser seins nus, je me mis à beaucoup parler, autant avec ma bouche qu’avec mes mains. Moi qui aurais tant voulu avoir ce jour-là une attitude japonaise, mes origines brésiliennes me trahissaient. 

Rien ne se passa comme je l’avais imaginé. Je distinguais la couleur de ses yeux, bleus, comme ceux du chanteur de Nô et je la trouvais ravissante et d’une gentillesse extrême, calme, comme si elle avait ramené de ses voyages tous les ruisseaux japonais ; aujourd’hui au lieu de sang, c’étaient ces eaux qui circulaient en continu dans ses veines, de façon fluide et légère. Son assurance m’intimidait quelque peu. 

Dans mes veines circulaient à pleine vitesse le fleuve Amazone, c’était pour la deuxième fois de ma vie, sans qu’elle le sache vraiment qu’elle me sauvait des piranhas. Elle regardait mes lèvres bouger et comme l’aurait fait un sage, elle écoutait son disciple réciter sa leçon jusqu’au bout, ensuite elle me prît dans ses bras et prononça ces cinq lettres, bravo. 

J’en ressentis un trouble que cette fois-ci je m’empressais bien de cacher comme l’aurait fait une véritable Japonaise. Ma volonté de garder mon émotion tribale me trahira quelques heures plus tard.

Les portes diplomatiques entre le Japon et le Brésil venaient de s’ouvrir sur des terres belges. Je parvenais tout de même à jeter mon cri amazonien, de la joie mêlée à des gémissements, eux aussi intérieurs. Malgré tout, je pourrai rentrer sereine et annoncer la bonne nouvelle à mon arrière-grand-père, je lui ramènerai quelques fleurs de cerisiers japonais cueillis en Belgique.  

Cet hiver Noir Japon et Rouge Brésil sanctifieront leurs rencontres, je l’inviterai sur mes terres ancestrales. Nous commencerons la célébration par remplir nos coupes de champagne respectives, je remplirai la sienne, elle remplira la mienne. Je l’accompagnerai jusqu’à la quinzième gorgée et nos esprits prendront une autre dimension. Afin d’honorer sa présence, je lui offrirai ma coiffe à plumes rouges et retirerai honorablement son chapeau noir raffiné et demanderai à mon arrière-grand-mère, reine de ce village, le temps de notre célébration de sacraliser sa coiffe : avec grâce et précision, elle dessinera de ses mains saintes et ridées les nouveaux accessoires, des graines noires et plumes rouges, qu’elle intégrera au chapeau de mon invitée d’honneur. 

 Nous terminerons cette commémoration avec un breuvage d’Ayahuasca, mon arrière-grand-père aussi chaman Guarani nous initiera avec sa force d’âme. Nous ferons notre baptême ensemble, surveillées par notre guide : l’état de transe purifiera nos corps et les émotions de notre cœur. 

Avant de remonter dans une pirogue qui nous mènera jusqu’au village, mon arrière-grand-père nous donnera à chacune un présent. Deux paquets enveloppés par des lianes, que je trouverais suspicieux, on pouvait y lire : MEJI, chocolat japonais issu de la forêt tropicale amazonienne. Noir japon et Rouge Brésil se regarderaient et ça nous ferais beaucoup rires. Noir Japon dénouera les lianes, et croquera sans attendre sur l’extrémité du carré noir, le délectera en le laissant fondre sous sa langue, sourira et renaîtra une seconde fois. Cette fois-ci par des graines de cacao amazonienne fabriqué par des Japonais et offerte par mon arrière-grand-père.

 

La poétesse divine n’est jamais très loin du Brésil, aujourd’hui, je suis définitivement entourée de belles âmes.

De ma hutte, je regardais en cachette Noir Japon, le chanteur de Nô aux yeux bleus et le Soleil qui s’éloignaient, une étoile maternelle et scintillante les accompagnait et les protégeait, avec qui, j’avais pu échanger quelques mots célestes. Les étoiles sont toujours parmi d’autres étoiles et elles ont toutes leur importance.

Bientôt, nous quitterions la Belgique, nous avions pris l’avion depuis Carcassonne pour l’atteindre, je le ressentais comme un voyage initiatique malgré mon âge adulte mais j’ai aussi beaucoup ri pendant ces soixante-douze heures. Malgré les années qui nous séparent, la poétesse divine et moi avons beaucoup de points communs : l’écriture, l’importance que nous donnons aux êtres humains, nos rêves de jeune fille de devenir actrice, notre vie en tant qu’expatriées, les langues, la musique, la danse, le vivant, les morts, la beauté en général. 

La poétesse divine, j’en étais convaincue, était aussi une grande guerrière, rien n’y personne aurait pu nous arrêter sur cette nouvelle terre. Nous avions loué une voiture japonaise en Belgique, les pirogues n’étant pas autorisées ici, la voiture présentait quelques surprises, elle était très bavarde et sophistiquée. Notre berline blanche n’avait que quelques kilomètres, à chaque challenge surmonté nous nous encouragions mutuellement. La Colombe blanche nous mettait à l’épreuve, la poétesse divine et Rouge Brésil dépassions chaque expérimentation avec habilité, enfin presque, vêtues de nos coiffes nous fûmes attirées par une longue route qui nous mènerait vers l’intrigante forêt belge. Rassurées d’avoir avec nous lances et flèches imprégnées de curare, nous nous aventurâmes. Nous découvrîmes une vue époustouflante et pourtant l’une et l’autre nous avions beaucoup voyagé, ce qui se trouvait devant nous avait un charme fou. Il existait bien des nénuphars dans les eaux belges et des perspectives vers le ciel qui nous laissaient bouche-bée ; le genre de paysage que Monet aurait pu créer avec délicatesse sur les parcelles de Van Gogh.

            L’exploration visuelle terminée, au moment de vouloir faire demi-tour grâce à une marche arrière, Colombe décida de rester sur place, cette fois-ci, elle était devenue muette et têtue. Nous étions au milieu du chemin empêchant toutes les voitures de passer. Fou rire mélangé à de la nervosité nous envahissaient. Notre Colombe avait l’air d’avoir décidé qu’elle préfèrerait tremper ses plumes blanches dans le lac qui se trouvait à peine à deux cents mètres de nous. Au lieu de reculer, elle avançait. 

Je pensai très fort à mon arrière grand- père et me posai la question, qu’aurait-il fait dans cette situation cocasse ? à part attendre un nouveau jour. Lui, était convaincu que ce qui ne fonctionne pas un jour, marcherai le lendemain. Je m’étais retrouvée à dormir à la belle étoile dans la jungle avec lui car nous n’arrivions pas à traverser un chemin trop boueux, nos jambes s’enfonçant à plus d’un mètre sous terre, effectivement le lendemain matin la boue avait séché et le chemin était accessible. Malheureusement, je ne me voyais pas proposer cette solution à la poétesse divine. Comme nous sommes en quelque sorte liées, nous eûmes la même idée, il fallait chercher de l’aide, je m’empressais de trouver quelqu’un. Un Wallon en tenu de guerrier qui sortait de la forêt vint nous aider, il monta dans la voiture, prît place et nous montra la marche à suivre. La manœuvre ne dura que quelques secondes. Notre reconnaissance envers notre sauveur Wallon était tellement grande, que nous nous mîmes à le remercier par des inclinaisons à la japonaise. J’aurais presque pu terminer mon salut à genoux.

Notre blanche Colombe charmée avait retrouvé la parole et nous indiquait, d’un ton déterminé, le chemin à prendre vers l’hôtel. Soulagées et encore émerveillées de ce que nous venions de découvrir, il était temps de rentrer à notre hutte. Le choix de notre maison pour quelques heures, n’avait pas été simple, nous avions deux possibilités, dépenser notre budget du séjour en ne nuit ou écouter notre esprit résonné et prendre un hôtel accessible financièrement et surtout pratique à l’accès à l’autoroute belge. Notre « ryokan » belge nous surpris, nous arrivâmes à la nuit tombée. Un doute traversa nos esprits en découvrant le lieu, fallait-il vraiment rester ici ? Une cinquantaine d’hommes, parlant différentes langues, barbus et aux crânes rasés et tatoués, se restauraient. Ils buvaient des bières et mangeaient des frites. De la vitre baie on apercevait leurs pirogues, des engins alignés les uns contre les autres, une palette de couleurs nos éblouissait ; c’étaient bien des poids lourds illuminés et qui nous visés. Ce spectacle confirma que nous allions bien dormir dans un autoroutier.

Notre arrivée fût plus que remarquée. Intimidées mais la tête haute nous rentrâmes et prîmes nos clefs. Nous y restâmes deux nuits et commençâmes même à trouver le lieu sympathique.

Le lendemain matin, avant notre départ, nous aperçûmes entre les mains d’un autoroutier, la photo de la poétesse divine et celui du Japon fleurie qui couvrait avec douceur les pages des journaux belges. 

Notre arrivée à l’hôtel avait été plutôt remarqué et notre départ, le fût tout autant.

Dans l’avion, mon esprit divaguait, du hublot des nuages nous escortaient de près, entre chaque, la silhouette et le visage de Noir Japon me fixait. Ses lèvres ne bougeaient pas pourtant son regard bleu japonisant, me racontait :

Avoir porté et donné vie vingt-quatre fois. « J’avais bien été le témoin de chacune de ses naissances et convaincu à chaque lecture, de la force, l’harmonie et de la sagesse qui se dégage de ses pages. » Noir japon, me susurrait à l’oreille que quatre-vingt-quatre autres ouvrages existaient et étaient gardés dans des éprouvettes à des fins personnel. 

Quand elle voulut poursuivre son récit, je ne distinguais plus ses yeux, je ne voyais plus que sa silhouette fine qui s’éloignait portait par un rayon de soleil étincelant. Ne distinguant ni son corps ni son visage par le hublot, une certaine mélancolie m’envahit, et mon esprit se remit à divaguer.

Me revint en tête, l’époque où mon corps et mon âme n’arrivait pas à se concerter depuis plusieurs mois :

Egarée une après-midi hivernale comme une brebis galeuse sur des sentiers parisien. J’ouvris la porte du premier café et me laissait tombait sur une chaise. Il fallait à tout prix que je laisse loin derrière moi, la forêt amazonienne, ma tribu et ses coutumes. Ce qui voulait aussi dire maîtriser au mieux la langue française ; la lire et l’écrire.

Entre deux gorgées de chocolat chaud qui me brûla la langue, j’aperçus au loin, le titre d’un livre en vitrine qui attira mon attention. « Hygiène de l’assassin » signé Noir Japon. Avais-je enfin trouvé la solution à ma détresse, fallait-il que je tue quelqu’un ou que quelques choses disparaissent à l’intérieur de moi pour arriver à retrouver mon chemin. Je savais chasser depuis enfant puisque mon arrière-grand-père m’y avait initié et disait que je m’en sortais plutôt pas mal et « proprement ». Cette pensée me réconforta.

Quand tout d’un coup l’avion belge se posa brutalement en France, laissant derrière nous, nos escortes nuageuses, le Japon et mes pensées mélancoliques.

 Mon corps de peau-rouge secoué, se désintégra et le fleuve amazonien déborda sur l’aéroport. Des larmes coulaient à torrents de mes yeux d’indienne, il me fallut quelques heures pour retrouver l’apaisement. 

Dès que je retrouvai ma case, je pris ma plume imbibée de peinture rouge et commença à écrire.  

Hier, j’ai fait la connaissance du Japon ….

NM.

                 

   

                        

                        

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